La dernière mêlée de PÉPÉ

PÉPÉ…

Première ligne à l’ancienne a connu l’essai a 3 points et les matchs sans remplaçants… Un temps que les moins de 50 ans n’ont pas connu…

De la fac de droit à l’AUC puis Pertuis et les Tom Tom, sans oublier ses séjours en Afrique, notre Pépé n’a jamais quitté les fauteuils d’orchestres et le petit monde merveilleux des oreilles en chou-fleur ou des dents ébréchées.

Là aussi le casque et le protège-dents  n’existaient pas, et comme il disait, le monde des 3/4  était pour lui  terra incognita.

Déjà les flankers étaient pour lui une espèce  hybride.

En rugby universitaire, lui  le vieux soixante-huitard a adoré enseigner aux élèves du collège militaire d’Aix ou aux gonfleurs d’hélices de Salon l’art du

no scrum no win

et que les manœuvres se font à ‘ bouchon’ réel et sans carte  d’état-major.

Il a tout connu avec l’AUC , parti du fin fond des séries régionales jusqu’à la division honneur et là où d’autres parlent du RCT (son club favori) ou de Toulouse ou Clermont, lui a ferraillé à St-Saturnin, Aubagne,  Les angles, Orgon… Un tour de Provence abrasif  où il était plus raisonnable de poser son cerveau aux vestiaires.

Des matches où le dictat du carton jaune-blanc-rouge n’existait pas ; on se maillochait copieux pour mieux boire joyeux après.

Je me souviens d un match  St-Saturnin – AUC où nous menions sur le score pharaonique de 6 à 3 — un mini  Verdun  ce match — et qu’à un moment je lui demande : « Pépé, on la joue comment cette mêlée sur leur ligne? On écarte? On part petit côté? »

« Que nenni, me dit-il, on la joue au CASQUE »

C’était notre Pépé, dur au mal  et solide du front, sans l’être du bas.

À propos de l’AUC 2017 : sa dernière grande joie  fut de voir notre équipe championne d’automne même si, pour nous, son départ c’est l’hiver.

Diouf